LE DIRECT WIRE PACING : RÉSULTATS DE L'ÉTUDE FRANÇAISE EASY TAVI

WASHINGTON, 23 octobre 2019 (APMnews) - Le Direct Wire Pacing, une nouvelle technique de stimulation ventriculaire lors d’une implantation de valve aortique percutanée (TAVI) serait plus rapide et plus économique, selon les résultats de l’étude française EASY TAVI publiés dans le Journal of the American College of Cardiology Intervention (JACC intv).

La technique du Direct Wire Pacing a été mise au point par le Dr Benjamin Faurie et l’équipe de l’Institut cardiovasculaire du Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble. Elle consiste à sidérer le coeur non pas à l’aide d’une sonde de stimulation électrosystolique montée dans le ventricule droit par voie veineuse (méthode classique de pacemaker temporaire), mais en utilisant le guide-fil qui achemine la prothèse valvulaire.

"La technique classique prend du temps, est plus coûteuse en matériel (la sonde d’entraînement jetable a un coût) et présente des risques de perforation et de tamponnade", a expliqué APMnews le Pr Jacques Monségu." Cette nouvelle technique est simple: on applique une électrode sur la partie distale du guide et on génère un courant avec une aiguille piquée au point de ponction fémoral en guise d’anode", poursuit le spécialiste. Les deux techniques ont été comparées dans une étude randomisée, EASY TAVI, menée en France auprès de 304 patients pendant un an, dont le critère primaire était la durée de la procédure. Résultat: le taux de succès est de 100%, la durée de la procédure du TAVI est raccourcie de 12%, l’exposition aux rayons est diminuée de 7% et "on économise 630 euros par procédure", a souligné le Pr Monségu. "Sachant qu’environ 12.000 TAVI sont réalisés en France dont 90% requièrent une stimulation, l’économie, en termes de santé publique, n’est pas négligeable". Elle pourrait atteindre 10 millions d’euros, estime le GHM de Grenoble dans un communiqué. Les risques sont également moins importants. "L’étude n’a pas la puissance statistique suffisante pour établir un bénéfice sur les événements majeurs, précise le cardiologue. Cependant, une tendance intéressante se dessine avec une moindre mortalité et un moindre risque de tamponnade". Dans l’étude, 4 cas de tamponnade ont été observés dans le groupe d’entraînement classique contre 2 dans le groupe Direct Wire Pacing. Les 2 cas dans le groupe Direct Wire Pacing et 2 des 4 cas du groupe contrôle sont liés à la rupture de l’anneau. Mais les deux autres cas du groupe contrôle sont liés à une perforation par la sonde d’entraînement, donc directement liés à la technique.

Première implantation de valve en ambulatoire

Le Direct Wire Pacing a en outre permis la première implantation de valve en ambulatoire en France. Si la technique a séduit les équipes françaises (8 sur 10 l’auraient adoptée, selon le Pr Monségu), elle n’a pas encore été exportée à l’étranger. Mais un perfectionnement devrait y contribuer. "L’utilisation d’une aiguille pour servir d’anode est astucieux, simple et efficace mais c’est un peu du bricolage. L’idée est désormais de développer un dispositif médical stérile vasculaire non implantable qui non seulement sécuriserait encore la procédure mais l’ouvrirait à des gestes d’angioplastie coronaire", a ajouté le Pr Monségu, estimant que cela devrait contribuer à convaincre les équipes étrangères, déjà très intéressées, de se former à cette nouvelle technique. "C’est un bouleversement dans les habitudes mais c’est une technique qui permet de gagner en temps et en simplicité, la seule chose à apprendre étant le bon réglage du pacemaker temporaire, qui doit être un peu plus fort qu’avec la précédente technique". Une première utilisation chez l’homme du Direct Wire Pacing avec le nouveau dispositif qui est développé est prévue pour le début de l’année 2020.

Source : APMnews