Soirée Ile de France du GRCI 2010 le 8 avril 2010

« Revenir aux fondamentaux », voilà une maxime qu’on entend régulièrement et qui rappelle aux sources, aux valeurs princpes auxquelles on n’a pas envie de déroger ou vers lesquelles on veut revenir. Le bureau du GRCI n’a pas échappé à cette devise et a souhaité cette année que sa soirée de printemps s’inscrive dans la tradition qui a fait émerger ce groupe, à savoir plusieurs présentations de cas cliniques ouvrant à la discussion avec un fond thématique, celui de la gestion des antithrombotiques. Pour cela, un endroit convivial s’imposait, et nous avions élu domicile à la Maison de l’Amérique Latine pour cette soirée rebaptisée « soirée Ile-de- France du GRCI ».

La « mise en bouche » a  commencé par un premier cas clinique de complication avec une perforation coronaro-ventriculaire droite rapportée par Patrick Schiano (75), permettant de faire un bref rappel de la littérature. Un deuxième cas clinique présenté par Rémy Cohen (77) centré sur du périphérique (nouveau « jouet» emprunté aux radiologues mais déjà vite phagocyté par les cardiologues interventionnels) a mis le feu au poudre avec une discussion centrée sur les indications de l’angioplastie des artères rénales. On se serait cru 10 ans en arrière dans nos petites réunions intimistes derrière une vieille Tagarno (objet que les plus jeunes ne connaitront pas…). Plus académique, Jean-Louis Georges (78) nous a proposé une synthèse dans l’utilisation des antithrombotiques dans le SCA ST, rappelant que les recommandations laissaient une certaine laxité dans l’utilisation des différentes molécules disponibles. Thierry Unterseeh (91) nous a rappelé que la maladie coronaire n’épargnait pas les sujets parfois très jeunes et que la gestion du thrombus dans la coronaire n’est pas simple, la physiopathologie échappant à l’imagerie conventionnelle mais aussi à l’écho endocoronaire.

Après un bref intermède gustatif et rafraichissant, la soirée s’est prolongée par le choix des antithrombotiques dans l’angioplastie programmée présentée par Saïd Ghostine (92); là encore, la salle a montré que la discussion était ouverte avec des avis divergents quant à l’utilisation des différents anticoagulants. Frédéric Lapostolle, urgentiste du SAMU (93), est venu nous rappeler que l’ECG devait être interprété à l’aune de la clinique et qu’il restait  un incontournable dans la stratégie de prise en charge du patient et qu’une relation entre le cardiologue et l’urgentiste était indispensable pour orienter à bon port le patient. La gestion des différents antithrombotiques dans le SCA ST présentée par Stéphane Champagne (94) a fait l’objet d’une discussion animée, singulièrement dans l’utilisation non encore consensuelle des nouveaux et futurs antiagrégants plaquettaires. La session s’est terminée par un très beau clinique présenté par Michel Coco (95), nous rappelant que la résistance aux antiagrégants restait au premier plan des débats et il a souligné avec une grande humilité que certains fondamentaux techniques de l’angiopastie coronaire devaient être respectés au prix de voir survenir des complications post-procédures.

De retour chez moi après une longue et belle soirée, j’ai eu l’impression de retrouver cette « ambiance GRCI » où la tribune est ouverte à qui demande la parole. La liberté d’expression est ce qu’une démocratie a de plus chère. Perpétuons cela et rendez-vous les 2 et 3 décembre prochains pour la Nationale à Paris, avec encore des surprises et des débats animés.

Jacques Monségu (Paris)

Voici le programme de la soirée :